Une reine de beauté


Sous la plume flamboyante d’Hortense Dufour, c’est toute la France religieuse qui défile sous nos yeux éblouis (et terrifiés par une époque aussi meurtrière). Ce sont également les Valois que nous regardons évoluer, cette famille de dégénérés : François II qui meurt précocement à l’âge de 16 ans,  Charles IX roi falot,  violent et déséquilibré qui fut l’un des responsables de la Saint-Barthélemy, Henri II incestueux et manipulateur, Hercule-François défiguré par la petite vérole que sa mère décrit comme suit: « Un petit moricaud ne rêvant que guerre… ». Seule de cette famille de tarés émerge une reine de beauté, intelligente, solide et voluptueuse, Marguerite.

S’il ne fallait retenir qu’une des cent qualités du livre d’Hortense Dufour, ce serait sans doute le spectre d’années très large qu’il recouvre : contrairement au film de Patrice Chéreau La Reine Margot (avec Isabelle Adjani, Daniel Auteuil et Jean-Hugues Anglade) qui se focalisait sur quelques jours de la vie de Marguerite, le livre parcourt une existence entière : de l’enfance à la mort. Dans cette vie, la mère, Catherine de Médicis, occupe une place prépondérante. Hortense Dufour nous donne donc à lire les destinées passionnantes de deux femmes très différentes, la mère et la fille. Deux biographies en une…

Margot, la reine rebelle, les épreuves et les jours, Hortense Dufour, Flammarion, 568 pages