Vie et mort, illusions


Renouant avec la veine épique qui l’avait fait connaître grâce à son magnifique “La mort du roi Tsongor”, Laurent Gaudé laisse l’Afrique pour la Grèce d’Alexandre le Grand. Mais Tsongor évoquait déjà cette Grèce antique, et Alexandre a poussé les limites de son empire jusqu’en Inde, qui est l’horizon de ce roman. À nouveau, autour de la dépouille d’Alexandre, se posent les questions de la gloire et de la puissance ; que reste-t-il de tout cela une fois que survient la mort ? La dépouille d’un Guide ne lui appartient pas ; elle devient un symbole, un enjeu. Ceux qui se disputent l’empire se battent pour conserver le cadavre de l’empereur. Mais Alexandre a toujours été au-delà des limites, celles de la Grèce comme celles de la vie. Il continue à agir dans la mort et poussent ceux qui l’ont aimé ou haï à se dépasser et, ce faisant, à l’aider à échapper à cette prison dans laquelle la kyrielle de Petits qu’il a engendrés entendent l’enfermer à leur profit. Un livre essentiel.