Waterloo, morne plaine ?


© Paolo Pellizzari

Ils étaient trois mille pour trois jours, durant la reconstitution de la bataille de Waterloo. Ils viennent de toute l’Europe et se déplacent de Waterloo à Sébastopol et de Sébastopol à Austerlliz. Ces sont des soldats d’un autre temps avec leurs balles à blanc que personne ne craint, qui campent par tous les temps et se retrouvent autour du feu avant de dormir dans leur bivouac. Et parmi eux il y a Napoléon, élu ou autoproclamé. Et s’il y en avait deux à prétendre être Napoleon ? Se sont-ils affrontés en duel ? Ont-ils renvoyé l’autre à la maison ? Et les 200 chevaux, qui font la route depuis Prague ou Padoue, auxquels on a appris à ne pas avoir peur du bruit, qui se battent comme tout le monde ? Enfin, il y a ce grognard, celui qui meurt le premier dans la bataille, venu de Pologne et obligé de rester couché toute l’après-midi car les morts ne ressuscitent pas… Pour finir, il y a moi, avec tous ces enfants venus assister au spectacle ; je m’amuse à les voir et me réjouis de cette diversité humaine prête à embrayer le pas sur les idées les plus saugrenues. Vive l’Empereur !