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    1 octobre 2016 | Dans Blog-note, Yves Wellens | Pas de commentaire »

    Le monde comme il s’en va, 44,2

    Si être populiste, cela veut dire que, à un moment donné, il ne suffit plus de parler, alors le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, l’est indubitablement.

    Et populaire.

    Un référendum est organisé par ses soins ce dimanche, certes pour répondre à une consultation, mais aussi pour lui donner un plébiscite. « Voulez-vous que l’Union européenne décrète une relocalisation (de 160.000 demandeurs d’asile actuellement stationnés en Grèce et en Italie, dont un quota de 1.300 devraient être « accueillis » dans le pays) obligatoire de citoyens non hongrois en Hongrie sans l’approbation du Parlement hongrois ? » : à cette question à peine subliminale, un sondage récent estime qu’il sera répondu négativement à 90% – et à 60% dans l’électorat dit de gauche. La seule interrogation réside dans le fait de savoir si le seuil de validité de 50% des inscrits sera atteint.

    Il n’y a là aucune schizophrénie. La Hongrie n’a absolument pas l’intention de quitter l’Union : Orban cherche avant tout à délégitimer la construction communautaire et, si le référendum est validé, à inscrire dans la Constitution la prééminence du Parlement hongrois sur Bruxelles en matière d’immigration – en attendant le reste, probablement. Selon les termes d’un politologue de droite, « l’élite hongroise a besoin du marché, de l’argent et du savoir-faire de l’Union européenne » ; et de conclure : « Nous ne voulons pas quitter l’Union européenne, mais l’altérer de l’intérieur ».

    « Altérer », le mot est diablement intéressant. Et l’Union, soucieuse de maintenir une « unité » toujours plus sujette à caution, l’avalera.

    Quadrature : là où les nouvelles sont reines

     

     

    deuxansdevacancesetplus-360x575Dans le paysage éditorial francophone, Quadrature, est une exception : cette maison basée à Louvain-la-Neuve, animée par des passionnés et exclusivement centrée sur la nouvelle, ne publie que des livres de qualité. Impossible de considérer l’une de ses publications faible ou même moyenne. Normal: seuls trois ou quatre recueils sortent sous leurs couvertures couleur crème et rouge. C’est vrai, et cela permet à l’équipe d’être très sélective, alternant auteurs fidèles et néo-nouvellistes. Leurs trois plus récentes parutions sont à l’image de cette politique puisqu’elles sont signées par un ancien et deux néophytes. (suite…)

    6 juillet 2016 | Dans Etienne Payen, Musique | Pas de commentaire »

    Gentjazz et Middelheim Festival : vos rendez-vous de l’été.

    Comme chaque année, les somptueuses villes de Gand et Anvers seront les capitales du jazz durant la période estivale. Ainsi du 7 au 16 Juillet, le Gent Jazz Festival se déroulera dans le cadre étonnant du Bijloke – superbes hospices du 13e siècle, situés dans un parc, transformé à grands frais et où rien n’aura été laissé au hasard dans la réhabilitation. Ainsi le grand Chapiteau blanc accueillera quelques jazzmen de notoriété mondiale ( Pat Metheny et Ron Carter, Brad Mehldau et John Scofield, John Cale, Terence Blanchard, Hugh Coltman…) sans oublier la venue de celui qui mettra à nouveau le feu aux poudres sur la scène principale le Jeudi 7 juillet : le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf.
    Le dimanche 10 Juillet sera consacré aux groupes flamands avec d’agréables découvertes comme Bardo et Kamikaze. Le Jeudi 14 sera la journée de la Soul Music grâce à des stars de renommée internationale (comme Ala.ni, Allen Stone, St Germain (15), Lianne la Havas et la diva du blues et de la soul : Jill Scott.

    La programmation se veut volontairement hétéroclite et ouverte à d’autres courants qu’ils soient soul, ou même nettement plus pop qu’auparavant. Mais toujours avec une même constance : celle d’être teintée d’une grande exigence de qualité, d’un souci d’originalité et du plaisir d’accueillir des stars confirmées ou de vedettes en devenir. Le Gent Jazz est une manifestation à vivre à la fois pour son programme, son superbe cadre, son professionnalisme et sens de l’accueil et last but least : l’acoustique parfaite des concerts. Bref une festivité à inscrire dans votre carnet du mois de juillet.

    Même organisation mais autre ville et ce durant le week end du 12 au 15 Août : le Jazz Middelheim. Une véritable institution qui fêtera sa trente cinquième année. À nouveau un superbe parc, situé dans un quartier chic et bourgeois d’Anvers, un chapiteau ouvert, deux scènes. Une réunion familiale pour beaucoup d’habitués mais aussi un lieu de découvertes pour les puristes de la note bleue grâce une programmation essentiellement jazz avec de multiples happening. Cette année, le fil conducteur de la fête sera la résidence offerte au trompettiste israélien Avishai Cohen (à ne pas confondre avec son homonyme contrebassiste) qu’on retrouvera ainsi dans différentes formations et styles durant ce week end.
    Quelques grands noms du jazz enchanteront vos oreilles : à savoir le batteur Billy Hart, les trompettistes Wallace Roney Jr et le batteur Denardo Coleman dans un Tribute consacré à son père Ornette Coleman, la chanteuse Tutu Puone, la diva de la Pop Underground Patti Smith, la star belge du piano Jef Neve en duo avec le rappeur Typhoon, le pianiste américain Craig Taborn en solo sans oublier l’exceptionnelle présence du saxophoniste Pharoah Sanders en trio. Signalons le 14 Août le concert de la chanteuse belge Mélanie De Biasio toute auréolée du succès mondial de son dernier album. Bref, du bon, du beau, du plaisir !

    Contrairement à Gand, un registre plus jazz, des stars internationales mais aussi belges, un lieu et une ambiance cosy, où les enfants sont bienvenus. Une autre date à retenir pour le 15 Août. Que ce soit à Gand ou à Anvers, que vous soyez novice ou grand amateur de sonorités détonnantes, voici deux superbes occasions de découvrir une merveilleuse musique ; le tout dans de jolis endroits et dans une atmosphère agréable et des conditions optimales. Vous savez ce qu’il vous reste à faire !Ibrahim_Maalouf_Kalthoum-FB-Vierkant_Kader
    Etienne Payen
    www.gentjazz.com
    www.jazzmiddelheim.be

    Acteur et spectateur du paysage

    Une carte blanche de Denis Marion, de l’asbl Epures, publiée dans espace-vie l juin 2015 l n° 252
     

    « La modification du paysage est aussi l’affaire des petits détails quotidiens »

    « Pour autant que les actes et travaux projetés, soit respectent, soit structurent, soit recomposent les lignes de force du paysage, un permis d’urbanisme peut être octroyé en dérogation aux prescriptions d’un règlement régional d’urbanisme, d’un règlement communal d’urbanisme, d’un plan communal d’aménagement ou aux prescriptions ayant valeur réglementaire d’un permis de lotir, etc. »

    (suite…)

Zombies. Le retour.

Ce sont les esclaves qui ont apporté jadis dans les Caraïbes le culte des morts vivants, ces êtres maléfiques et terrifiants qui s’en prennent avec violence aux humains. Mais il ne faut pas croire que les zombies ne hantent que l’île d’Haïti. Une partie d’entre eux sont restés dans la brousse où ils continuent d’errer, de faire peur et de persécuter les êtres vivants qui ont le malheur de tomber sous leur coupe. Dans l’ouest du Congo, on les appelle les Mvumbi et les Nsumbi. Dans la province du Bandundu, le peuple Kongo les désigne en tremblant sous le nom de Nzambi ou de Nzumbi.
Jusqu’ici, on ne les apercevait que dans les campagnes, la nuit, où ils s’en prenaient aux audacieux qui osaient défier la lune et le sommeil. Voilà qu’ils gagnent les villes. Leur équipée spectaculaire et sanglante sur Kinshasa a provoqué d’épouvantables massacres. Se faisant passer pour des membres des troupes présidentielles ou se déguisant en militaires, ils se sont jetés sauvagement sur les manifestants, des civils, des citoyens, qui défilaient sans armes pour faire respecter la loi et la constitution congolaise.
Personne ne peut penser que les troupes régulières d’un président qui se prétend démocratiquement élu se soient comportés avec une telle barbarie. Seuls des Mvumbi et des Nzumbi sont capables (suite…)

Portugal 56

Le pont du 25 avril et statue de Luis de Camoes ©Luc Teper

Le pont du 25 avril et la statue de Vasco de Gama à Lisbonne ©Luc Teper

ça vous chatouille ou ça vous gratouille?

Selon le médecin personnel de Donald Trump, son patient sera « la personne dotée de la meilleure santé jamais élue à la présidence des Etats-Unis ».
On suppose qu’en bon scientifique, respectueux de la déontologie et des règles élémentaires de sa profession, le toubib a pris soin d’examiner l’état des quarante-quatre prédécesseurs de son client – dont un certain nombre au fond de leurs tombes – avant de poser d’un ton péremptoire ce diagnostic qui tue.
Il n’y avait jusqu’ici pas grand-chose que Hillary Clinton pouvait emprunter à son adversaire pour booster sa campagne. Il y en a maintenant une, son médecin. Un homme qu’elle a intérêt à débaucher sur-le-champ et à n’importe quel prix. Depuis le médecin personnel de François Mitterand, aucun dirigeant politique n’a eu à son service de plus parfait charlatan. Si elle parvient à le faire changer de camp, bingo, c’est la victoire assurée pour elle le 8 novembre prochain. (suite…)

Portugal 55

Relève de la garde au palais présidentiel à Lisbonne ©Luc Teper

Relève de la garde au palais présidentiel à Lisbonne ©Luc Teper

Le monde comme il s’en va, 14,6

There is something going on

Il n’est pas surprenant que Donald Trump utilise fréquemment (voir Le Monde du 19 septembre) une telle formulation (qu’on pourrait plutôt traduire dans le contexte par « Quelque chose se trame »), dans la mesure où elle vise un but précis : « A la manière d’un trou noir, Donald Trump absorbe la réalité pour la remplacer par un univers de complots et de machinations »  Il laisse ainsi planer le doute sur tous les aspects de cette réalité, que ce soient la politique étrangère, les indicateurs économiques ou les intentions réelles d’Hillary Clinton, en invoquant les « trucages » d’un « système » dont il est pourtant, lui précisément, un représentant patenté et presque un archétype. C’est le genre de personnage qui ne dit les évidences qu’en passant (Trump a mis des années à reconnaitre au détour d’un discours qu’Obama est bien né aux Etats-Unis), comme si elles n’avaient aucune vraie signification.

Ce quelque chose qui “going on”, c’est peut-être beaucoup plus le fait que Trump a atteint une sorte d’oméga (au sens de point final) de la politique : par une sorte d’enchantement à l’envers, on laisse le candidat le moins sérieux se répandre à son aise, ce qui désamorce en même temps tout examen en profondeur de ces déclarations. Pour comble, c’est sa rivale qui sera poussée dans ses derniers retranchements pour mesurer son sérieux à elle. Un autre genre d’american dream…

C’est simplement l’application de ce principe de base de n’importe quel démagogue : proférer tant d’inexactitudes, de contre-vérités et d’affirmations fantaisistes ou erronées qu’il faudrait prendre consacrer un temps insensé à refuter ne serait-ce que la première, qui elle-même se serait de toute manière ramifiée dans l’intervalle en une myriade de nouvelles approximations, et ainsi de suite. De sorte que Trump est un homme politique d’un nouveau genre : il est difficile à refuter, parce que, à partir d’un certain moment, on renonce à le faire devant l’ampleur de la tâche. Et ainsi il sort « gagnant » de n’importe quel duel, tout en se déclarant, comme toujours, « persécuté ».

Dans ces conditions, puisqu’ils sont programmés, place aux non-débats…

 

Portugal 54

Le Couvent du Christ à Tomar ©Luc Teper

Le Couvent du Christ à Tomar ©Luc Teper

debout les damnés, etc

Goblet, reviens, ils sont devenus fous !
Depuis que Marc Goblet s’est retiré, tout va de travers: les patrons licencient à la pelle et les travailleurs, au lieu de se révolter, de défiler dans les rues de Charleroi sur les énormes engins flambant neufs qu’ils viennent de fabriquer, continuent d’aller tranquillos au turbin. Même les TEC n’ont pas connu un jour de grève. Même les TEC !
On pensait que la classe ouvrière n’avait plus que ses yeux pour pleurer et le mouchoir de Paul Magnette pour les essuyer jusqu’à l’annonce surprise de Charles Michel.
Je suis prêt, a-t-il annoncé la voix un peu tremblante tout de même, et le poing timidement levé, de reprendre le rôle du flamboyant leader syndical, après le refus cassant de (suite…)

Portugal 53

Tourelle de l'arène de corrida du Campo Pequeno à Lisbonne ©Luc Teper

Tourelle de l’arène de corrida de Lisbonne ©Luc Teper

Les chroniques de Barkas : le pouvoir du dogme et des valeurs (2)

Lire la première partie Les chroniques de Barkas : le pouvoir du dogme et des valeurs (1)

Le collectif Calvin & Hobbes accueille Barkas, une vieille connaissance, pour ses  chroniques.

Chronique écrite en collaboration avec des membres du collectif. Merci à eux pour les propositions de liens. Signé : Barkas

« La mort publique est une mort particulière »

Robert Mc Liam Wilson[i] à propos de Belfast. (suite…)

Portugal 52

Le monastère de Serra do Pilar à Porto ©Luc Teper

Le monastère de Serra do Pilar à Porto ©Luc Teper