Facebook

    toutes voiles dehors

    L’arrêt rendu par la Cour européenne des droits de l’homme sur le port d’un signe religieux laisse une impression de flou. Les juges européens ont prudemment botté en touche tout en admettant qu’un règlement d’entreprise peut interdire qu’une employée affiche ses convictions.
    Lorsqu’une femme décide ou accepte de se voiler les cheveux, on pourrait dire : c’est son affaire après tout ; de quoi je me mêle ? Cette femme sait qu’elle vit en Europe occidentale, qu’elle peut laisser ses beaux cheveux au vent et regarder les hommes dans les yeux. Dans une société qui essaye de combattre les discriminations, qui proclame, sanctions à l’appui, l’égalité entre hommes et femmes, où une dame peut marcher devant ou à côté de son homme et pas derrière lui, où elle peut porter le short comme son mari, jouer au foot, afficher ses tatouages comme lui et comme lui porter la barbe – ah non ! ça elle ne peut pas ! Si elle préfère jouer les soumises, (suite…)

    De l’art d’être bref

    Il n’est pas donné à tout le monde d’être court. S’il est parfois bien agréable de se vautrer des jours durant dans un thriller de 500 pages, il est tout aussi bon de s’envoyer en une heure ou deux un texte dense et rigoureusement écrit. Car, justement, la bonne littérature est d’abord affaire de style, et l’art de savoir être court va souvent de pair avec un travail stylistique travaillé, ramassé. Voici donc dix romans, récits ou recueils de nouvelles (et même de poèmes) assez brefs, de langue française, qui ont, à des degrés divers, comblé mon goût de la lecture. (suite…)

    6 juillet 2016 | Dans Etienne Payen, Musique | Pas de commentaire »

    Gentjazz et Middelheim Festival : vos rendez-vous de l’été.

    Comme chaque année, les somptueuses villes de Gand et Anvers seront les capitales du jazz durant la période estivale. Ainsi du 7 au 16 Juillet, le Gent Jazz Festival se déroulera dans le cadre étonnant du Bijloke – superbes hospices du 13e siècle, situés dans un parc, transformé à grands frais et où rien n’aura été laissé au hasard dans la réhabilitation. Ainsi le grand Chapiteau blanc accueillera quelques jazzmen de notoriété mondiale ( Pat Metheny et Ron Carter, Brad Mehldau et John Scofield, John Cale, Terence Blanchard, Hugh Coltman…) sans oublier la venue de celui qui mettra à nouveau le feu aux poudres sur la scène principale le Jeudi 7 juillet : le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf.
    Le dimanche 10 Juillet sera consacré aux groupes flamands avec d’agréables découvertes comme Bardo et Kamikaze. Le Jeudi 14 sera la journée de la Soul Music grâce à des stars de renommée internationale (comme Ala.ni, Allen Stone, St Germain (15), Lianne la Havas et la diva du blues et de la soul : Jill Scott.

    La programmation se veut volontairement hétéroclite et ouverte à d’autres courants qu’ils soient soul, ou même nettement plus pop qu’auparavant. Mais toujours avec une même constance : celle d’être teintée d’une grande exigence de qualité, d’un souci d’originalité et du plaisir d’accueillir des stars confirmées ou de vedettes en devenir. Le Gent Jazz est une manifestation à vivre à la fois pour son programme, son superbe cadre, son professionnalisme et sens de l’accueil et last but least : l’acoustique parfaite des concerts. Bref une festivité à inscrire dans votre carnet du mois de juillet.

    Même organisation mais autre ville et ce durant le week end du 12 au 15 Août : le Jazz Middelheim. Une véritable institution qui fêtera sa trente cinquième année. À nouveau un superbe parc, situé dans un quartier chic et bourgeois d’Anvers, un chapiteau ouvert, deux scènes. Une réunion familiale pour beaucoup d’habitués mais aussi un lieu de découvertes pour les puristes de la note bleue grâce une programmation essentiellement jazz avec de multiples happening. Cette année, le fil conducteur de la fête sera la résidence offerte au trompettiste israélien Avishai Cohen (à ne pas confondre avec son homonyme contrebassiste) qu’on retrouvera ainsi dans différentes formations et styles durant ce week end.
    Quelques grands noms du jazz enchanteront vos oreilles : à savoir le batteur Billy Hart, les trompettistes Wallace Roney Jr et le batteur Denardo Coleman dans un Tribute consacré à son père Ornette Coleman, la chanteuse Tutu Puone, la diva de la Pop Underground Patti Smith, la star belge du piano Jef Neve en duo avec le rappeur Typhoon, le pianiste américain Craig Taborn en solo sans oublier l’exceptionnelle présence du saxophoniste Pharoah Sanders en trio. Signalons le 14 Août le concert de la chanteuse belge Mélanie De Biasio toute auréolée du succès mondial de son dernier album. Bref, du bon, du beau, du plaisir !

    Contrairement à Gand, un registre plus jazz, des stars internationales mais aussi belges, un lieu et une ambiance cosy, où les enfants sont bienvenus. Une autre date à retenir pour le 15 Août. Que ce soit à Gand ou à Anvers, que vous soyez novice ou grand amateur de sonorités détonnantes, voici deux superbes occasions de découvrir une merveilleuse musique ; le tout dans de jolis endroits et dans une atmosphère agréable et des conditions optimales. Vous savez ce qu’il vous reste à faire !Ibrahim_Maalouf_Kalthoum-FB-Vierkant_Kader
    Etienne Payen
    www.gentjazz.com
    www.jazzmiddelheim.be

    Acteur et spectateur du paysage

    Une carte blanche de Denis Marion, de l’asbl Epures, publiée dans espace-vie l juin 2015 l n° 252
     

    « La modification du paysage est aussi l’affaire des petits détails quotidiens »

    « Pour autant que les actes et travaux projetés, soit respectent, soit structurent, soit recomposent les lignes de force du paysage, un permis d’urbanisme peut être octroyé en dérogation aux prescriptions d’un règlement régional d’urbanisme, d’un règlement communal d’urbanisme, d’un plan communal d’aménagement ou aux prescriptions ayant valeur réglementaire d’un permis de lotir, etc. »

    (suite…)

Portugal 69

Arraignée (Zambujeira do Mar/Alentejo) ©Luc Teper

Arraignées (Zambujeira do Mar/Alentejo) ©Luc Teper

 

toutes voiles dehors

L’arrêt rendu par la Cour européenne des droits de l’homme sur le port d’un signe religieux laisse une impression de flou. Les juges européens ont prudemment botté en touche tout en admettant qu’un règlement d’entreprise peut interdire qu’une employée affiche ses convictions.
Lorsqu’une femme décide ou accepte de se voiler les cheveux, on pourrait dire : c’est son affaire après tout ; de quoi je me mêle ? Cette femme sait qu’elle vit en Europe occidentale, qu’elle peut laisser ses beaux cheveux au vent et regarder les hommes dans les yeux. Dans une société qui essaye de combattre les discriminations, qui proclame, sanctions à l’appui, l’égalité entre hommes et femmes, où une dame peut marcher devant ou à côté de son homme et pas derrière lui, où elle peut porter le short comme son mari, jouer au foot, afficher ses tatouages comme lui et comme lui porter la barbe – ah non ! ça elle ne peut pas ! Si elle préfère jouer les soumises, (suite…)

Portugal 68

Intérieur nuit dans un bar de Sao Teotonio (Alentejo) ©Luc Teper

Intérieur nuit dans un bar de Sao Teotonio (Alentejo) ©Luc Teper

chroniques martiennes

Des chercheurs américains viennent d’annoncer qu’ils mettent au point un appareil destiné à créer un champ magnétique autour de Mars. L’idée est de favoriser le réchauffement de la planète rouge pour qu’elle retrouve à terme de l’eau à l’état liquide. De l’eau et de la vie. Une terre bis comme la décrivait déjà Ray Bradbury.
Mais, devra-t-on patienter quatre milliards d’années avant que des organismes monocellulaires martiens apparaissent peu à peu dans les canaux réalimentés de Mars et accouchent, après mille mutations, d’êtres humains ultra-civilisés, au top de l’évolution, des Trump, Erdogan, Poutine ou Assad ?
Faudra accélérer tout ça d’autant que l’on ne peut garantir aux chercheurs – qui ont déjà bien du mal à survivre sous la nouvelle administration américaine – le maintien de leur budget pour les quatre prochains milliards d’années. A (suite…)

Portugal 67

Cigogne (Zambujeira do Mar/Alentejp) ©Luc Teper

Cigogne (Zambujeira do Mar/Alentejo) ©Luc Teper

francken ou frankenstein?

Il n’a pas fini de caracoler en tête du hit parade des politiciens préférés des Belges, l’ami Théo. Qu’on soit Théophobe ou Théophile, il faut reconnaître son talent pour exprimer avec la brutalité qui sied les fantasmes d’une partie des électeurs.
Les avocats coûtent cher ? Théo va les faire payer. D’abord à l’état s’ils osent contester ses thèses devant les juridictions, ou exiger le payement des sommes à laquelle l’état est condamné par un juge fou ou socialiste wallon. Et après, qui sait, grâce à Théo, les clients récupéreront les honoraires payés à leur avocat s’ils perdent le procès qu’ils lui ont confié ou si l’avocat s’amuse à faire un recours contre les décisions qui leur ont été favorables. Et si l’avocat porte l’affaire devant la Cour européenne des Droits de l’Homme, mamma mia ! ce sera l’amende maximum ! (suite…)

Le couple diabolique élu/électeur

Le collectif Calvin & Hobbes accueille Barkas, une vieille connaissance, pour ses  chroniques.

Comme l’écrivait un mien ami, commentant la manifestation pro-Fillon de ce dimanche 5 mars 2017, « Finalement, l’électeur a-t-il beaucoup plus de moralité que le candidat? ».

Certes, les reproches faits à François Fillon ne sont encore des présomptions, mais des présomptions suffisantes pour diligenter des actes juridiques importants, comme une mise en examen[1]. Il semble donc que sa probité et l’apparence de sa probité soient écornées, même si ce qu’il a fait pourrait être « légal ». Bien entendu, il n’est pas anormal que des électeurs qui croient en son innocence lui apportent encore leur soutien. Quand bien même ses déclarations seraient contradictoires… (Ce ne serait pas le premier élu qui renierait sa parole mais ce serait pour moi un motif suffisant pour m’en méfier). Quand bien même les éléments mis en avant seraient  suffisamment troublants pour continuer à parler d’une personne particulièrement intègre… (L’intégrité est pourtant la marque de fabrique du candidat). (suite…)

De l’art d’être bref

Il n’est pas donné à tout le monde d’être court. S’il est parfois bien agréable de se vautrer des jours durant dans un thriller de 500 pages, il est tout aussi bon de s’envoyer en une heure ou deux un texte dense et rigoureusement écrit. Car, justement, la bonne littérature est d’abord affaire de style, et l’art de savoir être court va souvent de pair avec un travail stylistique travaillé, ramassé. Voici donc dix romans, récits ou recueils de nouvelles (et même de poèmes) assez brefs, de langue française, qui ont, à des degrés divers, comblé mon goût de la lecture. (suite…)

Portugal 66

«Moro sphinx» (ou «sphinx colibri») dans l'Alentejo ©Luc Teper

«Moro sphinx» (ou «sphinx colibri») dans l’Alentejo ©Luc Teper

Séance de rattrapage (4) : Ecriture, écrivains, etc.

Sont régulièrement publiés des livres sur l’écriture, la littérature, les écrivains, etc. Voici une petite sélection aussi partielle que subjective. Paru en août dernier en pleine rentrée littéraire, ce qui n’est peut-être pas une très bonne idée, Le Dictionnaire amoureux des Écrivains et de la Littérature (Plon) est signé par un acteur de premier plan du monde littéraire et éditorial depuis de très nombreuses années, Pierre Assouline. Biographe, essayiste, romancier, blogueur (l’excellente République des Livres), ancien rédac’chef de Lire, éditorialiste et conseiller au Magazine littéraire, membre de l’Académie Goncourt, et je dois oublier quelques-unes de ses autres casquettes. « Ce n’est pas pour me vanter, mais je hais les livres », prévient-il en ouverture de son avant-propos, préférant les voir « uniquement en peinture ». Au point d’imager écrie un jour un essai intitulé La haine des livres. Et, réfléchissant à l’antienne selon laquelle on publie trop de livres en France (« luxe d’enfant gâté »), il se demande s’il ne faudrait pas poser la question de leur « nécessité ». Mais qui peut juger de la « nécessité » d’un livre ? Un roman de Modiano ou de Marc Levy, un essai sur Proust ou ce Dictionnaire amoureux n’ont-ils pas tous, leur nécessité, même si celle-ci est différente ? L’amateur de littérature « populaire » est bien plus heureux de pouvoir lire le dernier-né de son romancier favori que de savoir qu’on a retrouvé un inédit de Gracq, par exemple. (suite…)