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    21 février 2018 | Dans Actualité, Alain Berenboom | Pas de commentaire »

    fini de rêver!

    Un musicien est en train de jouer devant le public pendant qu’un autre artiste montre ses œuvres lorsqu’une horde de policiers débarque dans la salle, interrompt la séance, fait sortir les spectateurs, les mains sur la tête, et embarque quelques participants.
    La scène se passe à Bruxelles. Pas à Téhéran. Ni à Kinshasa. Même pas à Damas.
    Ce sont de vrais policiers, pas des provocateurs déguisés. Des « Feds » avec les braves pandores du bourgmestre de Bruxelles.
    On nous a dit qu’il y avait des étrangers dans la salle, explique notre populaire ministre de l’intérieur. Certains d’entre eux pire que des étrangers : des réfugiés. Un statut intermédiaire entre l’homme de Neandertal et l’animal de (mauvaise) compagnie.
    Mr Jambon qui connaît le pouvoir des mots a compris que sa fonction est de garder l’Intérieur à l’abri de toute influence extérieure. Oubliant que si l’on ferme les portes et les fenêtres, on meurt étouffé.
    Les artistes ne sont pas au-dessus des lois. Mais quand ils sont en représentation, ils ne sont plus de simples individus, des quidams anonymes, ils nous apportent aux spectateurs qui se sont rassemblés une part d’âme. Ils ne sont ni Belges ni étrangers. Mais des passeurs de rêve, ce qui, autant que le pain, est indispensable à la survie de notre société.
    La violence provoquée par le vice-premier ministre rappelle cette phrase redoutable lancée par le tsar aux Polonais après l’annexion du royaume par la Russie : « Fini de rêver ! »
    Dans son superbe roman « Station Eleven » (édit. Rivages), Emily St John Mandel raconte l’histoire d’une troupe de théâtre ambulant circulant sur les routes américaines après une apocalypse et qui joue Shakespeare devant les survivants. « Survivre ne suffit pas », telle est leur devise.
    On ne comprend pas pourquoi Jan Jambon s’en prend soudain aux immigrés, lui qui avait, dès sa prise de fonction, déclaré que « Les gens qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons. » Une telle compréhension pour ceux qui avaient flirté avec les envahisseurs aurait dû rassurer tous ceux qui aujourd’hui accueillent des étrangers.
    Mais, faisant preuve d’une irrationalité dont on accuse généralement les artistes, lui qui se montrait si humain avec les Allemands perd toute bienveillance lorsque nos visiteurs débarquent d’un autre coin de la planète.
    Quelle mouche l’a piqué ? A-t-il agi sur conseil de son collègue Francken, qui a toujours raison depuis qu’il caracole dans les sondages ? Qu’il se rappelle de cette réplique de Molière : « Hélas, qu’avec facilité, on se laisse persuader par les personnes que l’on aime ! »
    Charles Michel devrait en prendre de la graine la prochaine fois qu’il sortira de son silence embarrassé pour venir au secours des deux poids lourds de son gouvernement.

    www.berenboom.com

    2 février 2018 | Dans Culture, Michel Paquot | Pas de commentaire »

    Marcel Sels en « remueur d’idées »

    Marcel Sels est ce qu’on appelle un influenceur. Et, en Belgique, il est l’un des plus lus. Ses avis sont débattus, parfois violemment, notamment parce que, refusant de crier avec certaines meutes appartenant pourtant à son camp idéologique, il pèse le pour et le contre avec distance, quitte à « désespérer Billancourt ». Ses positions sur le CETA ou sur Théo Francken ont par exemple fait couler beaucoup d’encre. S’engageant sur un autre terrain, il a publié l’an dernier un magnifique premier roman, Rosa, qui a figuré parmi les cinq finalistes pour le prix Rossel. Je lui ai posé quelques questions sur sa place dans le débat public aujourd’hui, auxquelles il a répondu avec un souci de la précision que ses lecteurs lui connaissent. (suite…)

    6 juillet 2016 | Dans Etienne Payen, Musique | Pas de commentaire »

    Gentjazz et Middelheim Festival : vos rendez-vous de l’été.

    Comme chaque année, les somptueuses villes de Gand et Anvers seront les capitales du jazz durant la période estivale. Ainsi du 7 au 16 Juillet, le Gent Jazz Festival se déroulera dans le cadre étonnant du Bijloke – superbes hospices du 13e siècle, situés dans un parc, transformé à grands frais et où rien n’aura été laissé au hasard dans la réhabilitation. Ainsi le grand Chapiteau blanc accueillera quelques jazzmen de notoriété mondiale ( Pat Metheny et Ron Carter, Brad Mehldau et John Scofield, John Cale, Terence Blanchard, Hugh Coltman…) sans oublier la venue de celui qui mettra à nouveau le feu aux poudres sur la scène principale le Jeudi 7 juillet : le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf.
    Le dimanche 10 Juillet sera consacré aux groupes flamands avec d’agréables découvertes comme Bardo et Kamikaze. Le Jeudi 14 sera la journée de la Soul Music grâce à des stars de renommée internationale (comme Ala.ni, Allen Stone, St Germain (15), Lianne la Havas et la diva du blues et de la soul : Jill Scott.

    La programmation se veut volontairement hétéroclite et ouverte à d’autres courants qu’ils soient soul, ou même nettement plus pop qu’auparavant. Mais toujours avec une même constance : celle d’être teintée d’une grande exigence de qualité, d’un souci d’originalité et du plaisir d’accueillir des stars confirmées ou de vedettes en devenir. Le Gent Jazz est une manifestation à vivre à la fois pour son programme, son superbe cadre, son professionnalisme et sens de l’accueil et last but least : l’acoustique parfaite des concerts. Bref une festivité à inscrire dans votre carnet du mois de juillet.

    Même organisation mais autre ville et ce durant le week end du 12 au 15 Août : le Jazz Middelheim. Une véritable institution qui fêtera sa trente cinquième année. À nouveau un superbe parc, situé dans un quartier chic et bourgeois d’Anvers, un chapiteau ouvert, deux scènes. Une réunion familiale pour beaucoup d’habitués mais aussi un lieu de découvertes pour les puristes de la note bleue grâce une programmation essentiellement jazz avec de multiples happening. Cette année, le fil conducteur de la fête sera la résidence offerte au trompettiste israélien Avishai Cohen (à ne pas confondre avec son homonyme contrebassiste) qu’on retrouvera ainsi dans différentes formations et styles durant ce week end.
    Quelques grands noms du jazz enchanteront vos oreilles : à savoir le batteur Billy Hart, les trompettistes Wallace Roney Jr et le batteur Denardo Coleman dans un Tribute consacré à son père Ornette Coleman, la chanteuse Tutu Puone, la diva de la Pop Underground Patti Smith, la star belge du piano Jef Neve en duo avec le rappeur Typhoon, le pianiste américain Craig Taborn en solo sans oublier l’exceptionnelle présence du saxophoniste Pharoah Sanders en trio. Signalons le 14 Août le concert de la chanteuse belge Mélanie De Biasio toute auréolée du succès mondial de son dernier album. Bref, du bon, du beau, du plaisir !

    Contrairement à Gand, un registre plus jazz, des stars internationales mais aussi belges, un lieu et une ambiance cosy, où les enfants sont bienvenus. Une autre date à retenir pour le 15 Août. Que ce soit à Gand ou à Anvers, que vous soyez novice ou grand amateur de sonorités détonnantes, voici deux superbes occasions de découvrir une merveilleuse musique ; le tout dans de jolis endroits et dans une atmosphère agréable et des conditions optimales. Vous savez ce qu’il vous reste à faire !Ibrahim_Maalouf_Kalthoum-FB-Vierkant_Kader
    Etienne Payen
    www.gentjazz.com
    www.jazzmiddelheim.be

    Acteur et spectateur du paysage

    Une carte blanche de Denis Marion, de l’asbl Epures, publiée dans espace-vie l juin 2015 l n° 252
     

    « La modification du paysage est aussi l’affaire des petits détails quotidiens »

    « Pour autant que les actes et travaux projetés, soit respectent, soit structurent, soit recomposent les lignes de force du paysage, un permis d’urbanisme peut être octroyé en dérogation aux prescriptions d’un règlement régional d’urbanisme, d’un règlement communal d’urbanisme, d’un plan communal d’aménagement ou aux prescriptions ayant valeur réglementaire d’un permis de lotir, etc. »

    (suite…)

fini de rêver!

Un musicien est en train de jouer devant le public pendant qu’un autre artiste montre ses œuvres lorsqu’une horde de policiers débarque dans la salle, interrompt la séance, fait sortir les spectateurs, les mains sur la tête, et embarque quelques participants.
La scène se passe à Bruxelles. Pas à Téhéran. Ni à Kinshasa. Même pas à Damas.
Ce sont de vrais policiers, pas des provocateurs déguisés. Des « Feds » avec les braves pandores du bourgmestre de Bruxelles.
On nous a dit qu’il y avait des étrangers dans la salle, explique notre populaire ministre de l’intérieur. Certains d’entre eux pire que des étrangers : des réfugiés. Un statut intermédiaire entre l’homme de Neandertal et l’animal de (mauvaise) compagnie.
Mr Jambon qui connaît le pouvoir des mots a compris que sa fonction est de garder l’Intérieur à l’abri de toute influence extérieure. Oubliant que si l’on ferme les portes et les fenêtres, on meurt étouffé.
Les artistes ne sont pas au-dessus des lois. Mais quand ils sont en représentation, ils ne sont plus de simples individus, des quidams anonymes, ils nous apportent aux spectateurs qui se sont rassemblés une part d’âme. Ils ne sont ni Belges ni étrangers. Mais des passeurs de rêve, ce qui, autant que le pain, est indispensable à la survie de notre société.
La violence provoquée par le vice-premier ministre rappelle cette phrase redoutable lancée par le tsar aux Polonais après l’annexion du royaume par la Russie : « Fini de rêver ! »
Dans son superbe roman « Station Eleven » (édit. Rivages), Emily St John Mandel raconte l’histoire d’une troupe de théâtre ambulant circulant sur les routes américaines après une apocalypse et qui joue Shakespeare devant les survivants. « Survivre ne suffit pas », telle est leur devise.
On ne comprend pas pourquoi Jan Jambon s’en prend soudain aux immigrés, lui qui avait, dès sa prise de fonction, déclaré que « Les gens qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons. » Une telle compréhension pour ceux qui avaient flirté avec les envahisseurs aurait dû rassurer tous ceux qui aujourd’hui accueillent des étrangers.
Mais, faisant preuve d’une irrationalité dont on accuse généralement les artistes, lui qui se montrait si humain avec les Allemands perd toute bienveillance lorsque nos visiteurs débarquent d’un autre coin de la planète.
Quelle mouche l’a piqué ? A-t-il agi sur conseil de son collègue Francken, qui a toujours raison depuis qu’il caracole dans les sondages ? Qu’il se rappelle de cette réplique de Molière : « Hélas, qu’avec facilité, on se laisse persuader par les personnes que l’on aime ! »
Charles Michel devrait en prendre de la graine la prochaine fois qu’il sortira de son silence embarrassé pour venir au secours des deux poids lourds de son gouvernement.

www.berenboom.com

De Damme à Bruges 20

En attendant le canot touristique à Bruges… ©Luc Teper

La tête de l’emploi

Le danger ne vient pas de celui qui mord   mais de celui qui lèche.

(Retrouvé sur Facebook)

Le collectif Calvin & Hobbes présente une chronique de Stan.

Etre libre dans un monde qui vous enferme dans un rôle, une tâche, une carrière, est-il possible sans s’affranchir de la société ? (suite…)

De Damme à Bruges 19

Damme ©Luc Teper

Marcel Sels en « remueur d’idées »

Marcel Sels est ce qu’on appelle un influenceur. Et, en Belgique, il est l’un des plus lus. Ses avis sont débattus, parfois violemment, notamment parce que, refusant de crier avec certaines meutes appartenant pourtant à son camp idéologique, il pèse le pour et le contre avec distance, quitte à « désespérer Billancourt ». Ses positions sur le CETA ou sur Théo Francken ont par exemple fait couler beaucoup d’encre. S’engageant sur un autre terrain, il a publié l’an dernier un magnifique premier roman, Rosa, qui a figuré parmi les cinq finalistes pour le prix Rossel. Je lui ai posé quelques questions sur sa place dans le débat public aujourd’hui, auxquelles il a répondu avec un souci de la précision que ses lecteurs lui connaissent. (suite…)

Dublin 21

Oiseaux à Howth ©Luc Teper

la taupe

A peine décidée par Jan Jambon et son équipe de fins limiers, le secret de l’opération « Parc Maximilien » était éventé, diffusé sur les réseaux sociaux, raconté par le menu à la radio et à la télé. Patatras ! Avant même l’arrivée surprise des pandores, les redoutables immigrés s’étaient envolés vers le parc Josaphat. Tout était à refaire.
Lancer une opération Josaphat ? C’est compliqué. Faut l’accord de la commune de Schaerbeek, où la N-VA n’a pas encore la majorité, celle de la zone de police 5344 dont l’adresse mail et le téléphone sont introuvables. En plus, il y a plein d’étrangers chez eux. Risquent de tout faire foirer une fois de plus.
Jambon ne décolère pas. Il a trouvé le responsable de ce fiasco : un espion infiltré au sein de ses propres services. Un homme ou une femme a ouvert la nuit le coffre où il cachait le plan d’assaut du parc Maximilien, l’a photographié puis l’a transmis au camp d’en face, tous ces communistes de la Coix-rouge (rouge évidemment), de la Ligue des Droits de l’Homme et autres ennemis de notre civilisation.
Notre Jambon n’a pas laissé tomber les bras. Il a immédiatement demandé à son collègue de la Justice de convoquer (suite…)

Dublin 20

« The Church », église désacralisée transformée en bar-restaurant dans Jervis Street ©Luc Teper

pacte d’excellence: between yesterday and to morrow

Les entreprises wallonnes et leur ministre-président sont très fâchés sur la ministre de l’éducation : si tous les élèves du lycée et du collège dévorent désormais les mêmes matières pendant leurs trois premières années, on va retarder leur entrée dans la vie professionnelle. S’ils n’en sont pas encore à regretter l’interdiction du travail des enfants, ils estiment que les gosses, pourquoi pas les bébés, devraient se préparer le plus vite possible au métier de leur rêve, ouvrier agricole ou patron de PME wallonne, garçon de café, fonctionnaire de l’Office des étrangers ou ingénieur atomique.
A dix-huit ans, moi j’ignorais ce que j’allais faire de ma vie – je ne suis pas certain de le savoir aujourd’hui. Mais, à douze ans, c’est vrai, j’avais moins de doutes. Je voulais être receveur de tram parce qu’il travaillait assis (sauf quand des petits crapuleux décrochaient la flèche) ou aiguiseur de couteaux qui parcourait les rues en poussant sa petite carriole et faisait tous les jours la connaissance d’autres dames (à l’époque, seules les femmes jouaient du couteau dans la cuisine).
Moi, j’applaudis au projet d’une culture générale commune. C’est à ça que sert l’enseignement secondaire. En primaire, on apprend à lire. Au collège et au lycée, à aimer les livres.
Mais alors pourquoi cette idée folle de mélanger en un seul cours histoire, géo et économie ?
Faudra-t-il enseigner l’histoire et la géo en fonction des (suite…)

Dublin 19

Mouette et croix celtique à Howth ©Luc Teper