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    votez excentrique

    La campagne britannique pour le Remain est mal partie parce que ses partisans l’ont axée uniquement sur l’économie. Personne n’a jamais réussi à mobiliser les électeurs en agitant des chiffres, même s’ils paraissent effrayants. Depuis 2008, le plus ignare des citoyens a compris ce qu’il faut penser des prévisions économiques en général et de la compétence des experts en particulier.
    Beaucoup d’Anglais ont la conviction que le Brexit ne portera pas atteinte à leur petite vie tranquille, à leurs manufactures et à leurs vacances sur le continent. Et qu’une fois lâchées les amarres qui les liaient à la capitale de l’Europe, ils récupéreront leur capacité à rêver autrement. Ils gardent en mémoire Waterloo, à un jet de pierres de Bruxelles, leur plus belle victoire. Malgré la sortie de l’Union (suite…)

    Le dernier pénalty de l’équipe yougoslave

    9782021240122FSLe dernier pénalty. Histoire de football et de guerre, par Gigi Riva, Seuil, coll. Fiction & Cie, 185 pages, 15 €

    Le dernier pénalty, signé par le journaliste italien Gigi Riva, homonyme du meilleur buteur de l’équipe d’Italie entre 1965 et 1974, est un bouquin exceptionnel. D’une écriture quasi épique, engagée et documentée, il regarde l’histoire finissante de la Yougoslavie et le déclenchement de la guerre qui a ensanglanté les Balkans dans la première moitié des années 1990 par la fenêtre très particulière, mais terriblement pertinente et avisée, du football. Plus spécifiquement, à travers le destin du défenseur bosniaque de Sarajevo Faruk Hadzibegic, le capitaine de l’équipe nationale qui, le 30 juin 1990, lors du quart de finale de l’Euro en Italie, rate l’ultime tir au but contre les Argentins (qui seront défaits en finale par la RFA dont c’est la dernière participation dans une compétition internationale, lors du Championnat d’Europe de 1992, l’Allemagne sera en effet réunifiée). (suite…)

    29 décembre 2014 | Dans Culture, Lucien Putz, Musique | Pas de commentaire »

    Le blues, le capitalisme, et Alan Lomax, le passeur

     

     

    couvbluesrevue

    She can almost forgive capitalism for that
    Michael Ondaatje, In the skin of a lion, p.147

    Le saxophoniste Archie Shepp était récemment à Bruxelles. Jeune loup du free jazz, compagnon de Coltrane pendant les années folles (pas les roaring twenties, mais les golden sixties), il est là, solide et calme, vissé dans une tradition qu’il n’a jamais quittée, seule la nature du cri a changé. Dans les années 60-70, c’était le fier et beautiful cri des Blacks en colère, toute la jeunesse du monde, d’ailleurs, était en colère, et elle savait le montrer. Aujourd’hui Shepp puise dans le blues des ancêtres pour nous parler de son arrière-grand-mère Rose, ou de son cousin Steam, tué dans une manifestation. Au saxophone, ou porté par sa voix, son chant de suite brisé, biaisé, l’harmonie n’existe pas dans son pays, et nulle part d’ailleurs : aucune raison de tricher, d’enjoliver, fût-ce en chantant, en jouant. Cela n’empêche pas la Beauté, au contraire.
    Oui le chant de Shepp puise dans le blues, et nous savons tous ce qu’est le blues. Ou croyons savoir, car ce mot est vaste, tellement vaste, tellement répandu, et étiolé, qu’on ne sait rien, en fait, ou pas grand-chose. Même moi, oui, même moi, qui écoute Blind Wille Johnson (1), Leadbelly, Big Bill Broonzy, John Lee Hooker, et tous les bluesmen du Delta ou de Chicago depuis mes années étudiantes, même moi je ne savais pas vraiment. Certes, l’esclavage, la ségrégation, les lynchages, on a tous entendu parler de ça, et ça nous attriste, et ça nous révolte, mais vite, on écoute la musique, le blues, la beauté fait oublier la vraie vie qui est de suite derrière. (suite…)

    Acteur et spectateur du paysage

    Une carte blanche de Denis Marion, de l’asbl Epures, publiée dans espace-vie l juin 2015 l n° 252
     

    « La modification du paysage est aussi l’affaire des petits détails quotidiens »

    « Pour autant que les actes et travaux projetés, soit respectent, soit structurent, soit recomposent les lignes de force du paysage, un permis d’urbanisme peut être octroyé en dérogation aux prescriptions d’un règlement régional d’urbanisme, d’un règlement communal d’urbanisme, d’un plan communal d’aménagement ou aux prescriptions ayant valeur réglementaire d’un permis de lotir, etc. »

    (suite…)

Le dernier pénalty de l’équipe yougoslave

9782021240122FSLe dernier pénalty. Histoire de football et de guerre, par Gigi Riva, Seuil, coll. Fiction & Cie, 185 pages, 15 €

Le dernier pénalty, signé par le journaliste italien Gigi Riva, homonyme du meilleur buteur de l’équipe d’Italie entre 1965 et 1974, est un bouquin exceptionnel. D’une écriture quasi épique, engagée et documentée, il regarde l’histoire finissante de la Yougoslavie et le déclenchement de la guerre qui a ensanglanté les Balkans dans la première moitié des années 1990 par la fenêtre très particulière, mais terriblement pertinente et avisée, du football. Plus spécifiquement, à travers le destin du défenseur bosniaque de Sarajevo Faruk Hadzibegic, le capitaine de l’équipe nationale qui, le 30 juin 1990, lors du quart de finale de l’Euro en Italie, rate l’ultime tir au but contre les Argentins (qui seront défaits en finale par la RFA dont c’est la dernière participation dans une compétition internationale, lors du Championnat d’Europe de 1992, l’Allemagne sera en effet réunifiée). (suite…)

Toscane 62

Oliviers et cyprès près de Montepulciano ©Luc Teper

Oliviers et cyprès près de Montepulciano ©Luc Teper

votez excentrique

La campagne britannique pour le Remain est mal partie parce que ses partisans l’ont axée uniquement sur l’économie. Personne n’a jamais réussi à mobiliser les électeurs en agitant des chiffres, même s’ils paraissent effrayants. Depuis 2008, le plus ignare des citoyens a compris ce qu’il faut penser des prévisions économiques en général et de la compétence des experts en particulier.
Beaucoup d’Anglais ont la conviction que le Brexit ne portera pas atteinte à leur petite vie tranquille, à leurs manufactures et à leurs vacances sur le continent. Et qu’une fois lâchées les amarres qui les liaient à la capitale de l’Europe, ils récupéreront leur capacité à rêver autrement. Ils gardent en mémoire Waterloo, à un jet de pierres de Bruxelles, leur plus belle victoire. Malgré la sortie de l’Union (suite…)

Deux commémorations : Antoine Blondin et Coluche

004122584Blondin, par Jean Cormier et Symbad de Lassus, Editions du Rocher, 201 pages, 16,90 €
Chez Coluche, par Jean-Claude Lamy et Philippe Lorin, Editions du Rocher, 118 pages, 21 €

Antoine Blondin et Coluche sont tous les deux morts en juin. Le premier le 7 juin 1991, le second quinze ans plus tôt, le 19 juin 1986. L’un avait 69 ans, l’autre 41. Voici deux livres qui leur rendent hommage. Dans Blondin, le journaliste Jean Cormier parle de l’homme qu’il a connu et fréquenté sur le Tour de France de 1967 à 1982 mais aussi à Paris, dans sa tournée des bistrots de Saint-Germain-des-Prés, ses « académies ». Et Symbad de Lassus évoque un grand-père qui «buvait, grognait, [lui] parlait d’écrivains dont [il] ne connaissait même pas le nom» Il se souvient s’être «ratatiné» sur sa chaise lorsqu’au lendemain de sa mort, son professeur de français qui ignorait sa filiation, a dit que l’on venait de perdre un grand écrivain. Le soir-même il se plongeait dans Les Enfants du Bon-Dieu. (suite…)

Toscane 60

Val di Chiana ©Luc Teper

Val di Chiana ©Luc Teper

les robes retoussent leurs manches

Si tout le monde laisse tomber les bras, cheminots, gardiens de prisons, éboueurs et même Jacqueline Galant, pourquoi pas les magistrats ?
Imaginez les immenses palais de justice, aux longs couloirs sombres, aux plafonds perdus dans une nuit éternelle, tremblant sous l’effet de deux siècles de courants d’air, soudain vidés de toute présence humaine. Juges, procureurs, greffiers se croisant les bras devant les lourdes portes scellées pour l’éternité. A l’intérieur, ne resteraient que les araignées et les rats enfin libres de dévorer paisiblement les dossiers abandonnés dans les armoires qui ne ferment plus depuis longtemps.
Certains prêtent à notre premier ministre des pouvoirs magiques pour faire rouler les trains malgré les syndicats et même les bus des TEC que seuls quelques anciens se rappellent avoir vu parcourir jadis les campagnes wallonnes.
« C’est quoi les TEC, papy ? » demandent les enfants en voyant leur grand-père essuyer une larme au passage d’un mystérieux véhicule malodorant portant trois lettres rouges barrées d’une épaisse ligne jaune. (suite…)

Deuxième Guerre mondiale (2) Mythes, résistants et Vichy

9782262048464Pour prolonger ma recension d’ouvrages sur la Deuxième Guerre mondiale entamée en avril, en voici d’autres très intéressants. Ouvrage collectif dirigé par Jean Lopez (directeur de la rédaction de Guerre & Histoire) et Olivier Wieviorka, historien spécialiste de cette période, Les mythes de la Seconde Guerre mondiale (Perrin) entend nuancer, voire infirmer, plus de vingt idées reçues. Churchill, par exemple, dont la nomination comme Premier ministre le 8 mai 1940, suite au refus de Lord Halifax, a fait grincer pas mal de dents, n’avait pas l’ensemble de l’establishment politique derrière lui, il doit même faire face à une motion de censure d’un député de son propre parti conservateur en juillet 1942. (suite…)

qu’est-ce qu’on attend pour être heureux?

Plus de trains, plus de bus, plus de soleil et demain, quelle autre tuile ? Allons ! Pourquoi déprimer alors qu’il y a tant de raisons de se réjouir et pas seulement de l’arrivée de l’été ? Non, je ne parle pas des diables rouges, ça porte malheur. Mais de tous les bienfaits que nous apporte la situation chaotique de ces derniers jours.
Au niveau de la pollution d’abord. La paralysie des transports en commun va considérablement diminuer notre empreinte carbone. Et l’afflux des voitures sur les routes fondre peu à peu grâce à la faillite d’un grand nombre d’entreprises. (suite…)

Toscane 60

Montepulciano ©Luc Teper

Montepulciano ©Luc Teper

Toscane 59

Val d’Orcia ©Luc Teper

Val d’Orcia ©Luc Teper