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    le baiser de la mort

    Le verdict des médecins est clair : Benoit Lutgen a été atteint d’une affection macronite aigüe, sans doute transmise par un virus venu du sud, aggravée par un redoutable coup de chaleur dû à la canicule. Elle provoque chez le patient une sensation d’étouffement avec des effets secondaires violents: pris de convulsions, le malade s’en prend aux meubles, particulièrement les fauteuils de ministres et tables de négociation. L’entourage reste muet de stupeur. Jadis, il cachait ses malades à l’abri des hauts murs du château. Aujourd’hui, il organise à grand frais des conférences de presse.
    Le Larousse médical, d’où est extraite cette description clinique, relève que la macronite est une maladie récente apparue comme d’autres nouveaux virus en ce début chaotique du vingt et unième siècle, tels le trumpisme, la daeshisme, le poutisme ou l’erdoganisme.
    A la différence des autres affections caractérisées par la destruction de tous les corps étrangers qui ne lui ressemblent pas, le macronisme est un virus dit avaleur qui absorbe tout ce qui l’entoure, le digère et l’efface. Ses effets rappellent le comportement de la mante religieuse, (suite…)

    Actes Sud, des romans au format XXL

    Dès l’origine, les livres publiés par la maison fondée par Hubert Nyssen (et dirigée par sa fille Françoise, nouvelle ministre de la culture), outre la beauté de leurs couvertures ornées d’œuvres d’art, se sont singularisés par leur format plutôt petit et étroit, ce qui les rend parfois très épais et pas toujours extrêmement maniables. La collection Actes Noir, lancée avec Millenium, a changé la donne, proposant des volumes parfois très épais dépassant largement la taille habituelle. Depuis, d’autres ouvrages non étiquetés polars ont paru sous ce format XXL. Notamment le prix Goncourt de Mathias Enard, Boussole, ou le magnifique roman de Claude Gallay, L’amour est une île. En voici quatre assez récents. (suite…)

    6 juillet 2016 | Dans Etienne Payen, Musique | Pas de commentaire »

    Gentjazz et Middelheim Festival : vos rendez-vous de l’été.

    Comme chaque année, les somptueuses villes de Gand et Anvers seront les capitales du jazz durant la période estivale. Ainsi du 7 au 16 Juillet, le Gent Jazz Festival se déroulera dans le cadre étonnant du Bijloke – superbes hospices du 13e siècle, situés dans un parc, transformé à grands frais et où rien n’aura été laissé au hasard dans la réhabilitation. Ainsi le grand Chapiteau blanc accueillera quelques jazzmen de notoriété mondiale ( Pat Metheny et Ron Carter, Brad Mehldau et John Scofield, John Cale, Terence Blanchard, Hugh Coltman…) sans oublier la venue de celui qui mettra à nouveau le feu aux poudres sur la scène principale le Jeudi 7 juillet : le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf.
    Le dimanche 10 Juillet sera consacré aux groupes flamands avec d’agréables découvertes comme Bardo et Kamikaze. Le Jeudi 14 sera la journée de la Soul Music grâce à des stars de renommée internationale (comme Ala.ni, Allen Stone, St Germain (15), Lianne la Havas et la diva du blues et de la soul : Jill Scott.

    La programmation se veut volontairement hétéroclite et ouverte à d’autres courants qu’ils soient soul, ou même nettement plus pop qu’auparavant. Mais toujours avec une même constance : celle d’être teintée d’une grande exigence de qualité, d’un souci d’originalité et du plaisir d’accueillir des stars confirmées ou de vedettes en devenir. Le Gent Jazz est une manifestation à vivre à la fois pour son programme, son superbe cadre, son professionnalisme et sens de l’accueil et last but least : l’acoustique parfaite des concerts. Bref une festivité à inscrire dans votre carnet du mois de juillet.

    Même organisation mais autre ville et ce durant le week end du 12 au 15 Août : le Jazz Middelheim. Une véritable institution qui fêtera sa trente cinquième année. À nouveau un superbe parc, situé dans un quartier chic et bourgeois d’Anvers, un chapiteau ouvert, deux scènes. Une réunion familiale pour beaucoup d’habitués mais aussi un lieu de découvertes pour les puristes de la note bleue grâce une programmation essentiellement jazz avec de multiples happening. Cette année, le fil conducteur de la fête sera la résidence offerte au trompettiste israélien Avishai Cohen (à ne pas confondre avec son homonyme contrebassiste) qu’on retrouvera ainsi dans différentes formations et styles durant ce week end.
    Quelques grands noms du jazz enchanteront vos oreilles : à savoir le batteur Billy Hart, les trompettistes Wallace Roney Jr et le batteur Denardo Coleman dans un Tribute consacré à son père Ornette Coleman, la chanteuse Tutu Puone, la diva de la Pop Underground Patti Smith, la star belge du piano Jef Neve en duo avec le rappeur Typhoon, le pianiste américain Craig Taborn en solo sans oublier l’exceptionnelle présence du saxophoniste Pharoah Sanders en trio. Signalons le 14 Août le concert de la chanteuse belge Mélanie De Biasio toute auréolée du succès mondial de son dernier album. Bref, du bon, du beau, du plaisir !

    Contrairement à Gand, un registre plus jazz, des stars internationales mais aussi belges, un lieu et une ambiance cosy, où les enfants sont bienvenus. Une autre date à retenir pour le 15 Août. Que ce soit à Gand ou à Anvers, que vous soyez novice ou grand amateur de sonorités détonnantes, voici deux superbes occasions de découvrir une merveilleuse musique ; le tout dans de jolis endroits et dans une atmosphère agréable et des conditions optimales. Vous savez ce qu’il vous reste à faire !Ibrahim_Maalouf_Kalthoum-FB-Vierkant_Kader
    Etienne Payen
    www.gentjazz.com
    www.jazzmiddelheim.be

    Acteur et spectateur du paysage

    Une carte blanche de Denis Marion, de l’asbl Epures, publiée dans espace-vie l juin 2015 l n° 252
     

    « La modification du paysage est aussi l’affaire des petits détails quotidiens »

    « Pour autant que les actes et travaux projetés, soit respectent, soit structurent, soit recomposent les lignes de force du paysage, un permis d’urbanisme peut être octroyé en dérogation aux prescriptions d’un règlement régional d’urbanisme, d’un règlement communal d’urbanisme, d’un plan communal d’aménagement ou aux prescriptions ayant valeur réglementaire d’un permis de lotir, etc. »

    (suite…)

Dublin 05

Extérieur nuit sur le fleuve qui traverse Dublin (la Liffey) ©Luc Teper

le baiser de la mort

Le verdict des médecins est clair : Benoit Lutgen a été atteint d’une affection macronite aigüe, sans doute transmise par un virus venu du sud, aggravée par un redoutable coup de chaleur dû à la canicule. Elle provoque chez le patient une sensation d’étouffement avec des effets secondaires violents: pris de convulsions, le malade s’en prend aux meubles, particulièrement les fauteuils de ministres et tables de négociation. L’entourage reste muet de stupeur. Jadis, il cachait ses malades à l’abri des hauts murs du château. Aujourd’hui, il organise à grand frais des conférences de presse.
Le Larousse médical, d’où est extraite cette description clinique, relève que la macronite est une maladie récente apparue comme d’autres nouveaux virus en ce début chaotique du vingt et unième siècle, tels le trumpisme, la daeshisme, le poutisme ou l’erdoganisme.
A la différence des autres affections caractérisées par la destruction de tous les corps étrangers qui ne lui ressemblent pas, le macronisme est un virus dit avaleur qui absorbe tout ce qui l’entoure, le digère et l’efface. Ses effets rappellent le comportement de la mante religieuse, (suite…)

Dublin 04

L’horloge du journal Independent House dans la Middle Abbey Street ©Luc Teper

Ce qui compte vraiment

Le collectif Calvin & Hobbes accueille Barkas, une vieille connaissance, pour ses chroniques.

Face à l’urgence politico-climatique, l’auteur s’insurge. Prônant à la fois des actions concrètes et un changement de regard sur nos sociétés et leurs écosystèmes, il rappelle le caractère impératif d’une sortie de la culture capitaliste. En effet, cette dernière met l’homme en situation de grand péril car elle menace directement son existence. Pour espérer sortir de l’ornière, il est indispensable de prendre conscience des bases sur lesquelles sont fondées nos sociétés en réalisant un véritable virage anthropologique. Il propose par exemple d’instituer l’eau en élément sacré afin de réparer une nature détruite par l’économie. À travers cet ouvrage, l’auteur propose un véritable retour aux équilibres naturels seuls capables de résoudre les crises successives que nous traversons et de soutenir l’aventure humaine.

Il y aurait peut-être mille raisons de s’attaquer à la prose de Fabrice Nicolino, ne serait-ce que pour la douce violence de ses propos. Mais quand il écrit que « Dans le domaine de la crise écologique, il est manifeste à mes yeux que l’énormité des menaces conduit de même à l’évitement psychique. Chacun sait au fond de lui que la triste fête des écrans plasma et des voyages aux Maldives est terminée. Mais les derniers jours de Pompéi sont tout de même plus plaisants que le partage de l’air, de l’eau et du pain avec ces éternels gueux qui gâchent les réjouissances » n’a-t’il pas écrit l’essentiel de notre aveuglement.

Nous croyons tout savoir, tout résoudre, quitte à nous brancher à une machine pour survivre. Nous croyons avoir les pleins pouvoirs sur la nature et pourtant…

Pourtant, En Nouvelle-Zélande comme en Inde, trois fleuves, dont le Gange, viennent d’être dotés du statut de « personnalité juridique », qui en fait des entités vivantes en matière de droit[i].  L’eau et ce qui l’entoure aurait-elle (aurait-elle ou auraient-ils?) les mêmes droits que les humains ?

Une tribu néo-zélandaise est devenue la représentante d’un fleuve, dont le nom maori est Te Awa Tupua, en faisant reconnaître qu’il était une entité vivante, « partant des montagnes jusqu’à la mer, y compris ses affluents et l’ensemble de ses éléments physiques et métaphysiques [ii]».

Plus près, Peter Wohlleben, dans « La vie secrète des arbres, Ce qu’ils ressentent, comment ils communiquent, un monde inconnu s’ouvre à nous », nous fait  découvrir tous les petits secrets insoupçonnés que renferment les bois, les connexions, invisibles à nos yeux, la communication entre voisins, le soin qu’un parent peut avoir pour ses héritiers,… Les arbres seraient donc capable de travailler à leur avenir.

Fabrice, Peter, mais aussi Catherine Larrère, philosophe, Gilles Boeuf, biologiste et Stéphane Foucart, journaliste qui sont convaincus que la biodiversité, dont l’humain n’est  qu’ un élément parmi les autres, a besoin de grands principes,

Ecoutez le podcast

nous disent simplement, comme beaucoup d’autres avant eux, que nous devons changer de lunettes, que nous devons voir la nature autrement, nous avec nos millions de bactéries et nos quelques cellules humaines.

Mais est-ce possible? Pouvons-nous envisager les choses autrement ? Il s’agit d’abord de remettre en question notre anthropocentrisme. De remettre en questions nos cosmogonies.

Il s’agit peut-être également de remettre en question nos recettes sans doute éculées pour mener entre autres, l’économie, donc le monde. Faut-il supprimer le capitalisme, comme nous y invitent Fabrice Nicolino ou Daniel Tanuro[iii] ? Faut-il l’amender ? Faut-il inventer autre chose ?

Mais les humains étant ce qu’ils sont, nous devrions, avant les moyens,  d’abord sans doute nous accorder sur les résultats, c’est-à-dire, sur le nécessaire et le superflu. De quoi avons-nous besoin pour vivre ?

D’aucuns s’accordent pour dire que si nous vivions avec le confort d’un Français du début des années soixante, tout le monde sur terre pourrait bénéficier de ce confort sans oblitérer l’avenir non pas de la planète, mais d’une planète sur laquelle nous pourrions vivre.

Est-ce vrai ? Si l’en croit cette étude[iv] réalisée par le WWF-France, en 1960, l’empreinte écologique des Français dépassait déjà une planète. Mais soit, avec l’amélioration des techniques, les usages quotidiens d’un Français de 1961 seraient probablement moins dévastateurs.

Le taux d’équipement des ménages entre 1954 et 1975[v]

Mais qui se souvient de la manière de vivre en 1960 ?  Nos pratiques actuelles sont si radicalement différentes. Pourrions-nous sans contrainte modifier nos comportements ? Peut-être faudrait-il que nous nous accordions sur ce « minimum vital » ? Parce que c’est l’enjeu pour avoir une planète viable.

Est-ce une utopie ? Sans doute. Sauf si nous travaillons sur ce qui compte vraiment.


[i] https://www.franceculture.fr/environnement/en-inde-et-en-nouvelle-zelande-le-fleuve-reconnu-comme-un-etre-vivant

[ii] http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/03/20/la-nouvelle-zelande-dote-un-fleuve-d-une-personnalite-juridique_5097268_3244.html#sODpCHDlEZq5qw3J.99

[iii] http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-l_impossible_capitalisme_vert-9782707173232.html

[iv] http://structures.ac-martinique.fr/eedd/EmpreinteFrance4p%5B1%5D.pdf

[v] https://www.france-examen.com/brevet/annales/histoire-geographie/annees-60-et-modes-de-vie-1627.html

loués soient-ils!

Au Japon, à tous ceux qui n’ont pas d’amis ou de parents présentables, une agence propose la location de copains, de vieux parents, de frères et de sœurs charmants, le temps d’une soirée, d’une fête, d’une cérémonie. Des amis parfaits toujours d’accord avec vous, qui rient à toutes vos bêtes plaisanteries, qui ne bavent pas à table et témoignent envers vos invités de vos inestimables qualités en racontant à leurs voisins quel type formidable vous êtes. Moyennant un supplément, ils prononcent un petit discours en votre honneur ou un toast. Que Dieu vous protège pendant le reste de votre existence ! Et les vôtres ainsi que tous ceux pour qui vous oeuvrez !
Pourquoi les dirigeants d’intercommunales, d’ASBL sociales et autres services publics – ou supposés tels- n’ont-ils pas encore songé à faire appel à ce genre de bureaux ? Plutôt que de se faire empoisonner par les folliculaires, les flics et (suite…)

De Damme à Bruges 03

Statue en bronze (Le Baiser de Paix-1947) dans la cour de l’hôpital du Vieux Saint-Jean ©Luc Teper

Actes Sud, des romans au format XXL

Dès l’origine, les livres publiés par la maison fondée par Hubert Nyssen (et dirigée par sa fille Françoise, nouvelle ministre de la culture), outre la beauté de leurs couvertures ornées d’œuvres d’art, se sont singularisés par leur format plutôt petit et étroit, ce qui les rend parfois très épais et pas toujours extrêmement maniables. La collection Actes Noir, lancée avec Millenium, a changé la donne, proposant des volumes parfois très épais dépassant largement la taille habituelle. Depuis, d’autres ouvrages non étiquetés polars ont paru sous ce format XXL. Notamment le prix Goncourt de Mathias Enard, Boussole, ou le magnifique roman de Claude Gallay, L’amour est une île. En voici quatre assez récents. (suite…)

quand la cop déborde

Avez-vous lu la réponse d’Angela Merkel à Donald Trump? Il s’en frotte encore les yeux. Quoi, une femme, une Allemande, une communiste, traiter ainsi le maître du monde ?
Ah ! Ce n’est pas sous Reagan qu’on aurait assisté à une scène pareille ! Ni sous Staline, soi-dit en passant. Pendant cette bonne vieille guerre froide, chacun restait chez soi. Les Américains critiquaient les Américains, les Français critiquaient les Français et les Russes cassaient des cailloux en Sibérie.
Avec la chute du mur, faut être honnête, tout a commencé à se déglinguer. Pouvaient pas attendre que Trump ait paisiblement achevé son mandat pour le faire tomber, ce sacré mur ? On aurait eu une présidence américaine normale avec des alliés occidentaux obéissants, des terroristes tenus en laisse par Moscou et aucun risque de réchauffement climatique.
Depuis la réunification allemande, c’est le bordel. (suite…)

De Damme à Bruges 02

Damme vue de la campagne ©Luc Teper

De Damme à Bruges 01

Le canal qui relie Bruges à Damme ©Luc Teper